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Blackout - la fausse couche

Le 5 septembre 2016, 11:59 dans Famille 0

Au départ, il y a une envie du couple, un désir déjà comblé par deux fois et le bonheur de se relancer dans l'aventure de la grossesse. L'intimité de vouloir un nouvel enfant, un bébé à chérir de nouveau car c'est si beau et si bon qu'on ne veut pas s'arrêter là.

Début des cycles et attente, entre impatience, excitation mais aussi déception quand cela n'arrive pas... Puis des symptômes, timides, apparaissent et laissent à penser que la magie a opéré. Vient le test qui confirme cette douce sensation et qui transporte dans une autre dimension, un état presque second.

Prise de sang, et rendez-vous avec le médecin pour programmer la toute première échographie, celle de la datation avec un minuscule coeur qui bat et qui scintille dans la nuit. Le temps s'étire pour cette première rencontre mais le corps change rapidement, la poitrine s'épanouie et le ventre s'arrondit, il faut s'adapter et commencer à s'habiller "enceinte". Mais chose nouvelle, les nausées et vomissements présents pour les deux premiers ne sont pas au rendez-vous. Rien.

Le jour est arrivé pour rencontrer tout petit nous mais il y a quand même dans un coin de la tête, une sensation désagréable, une alarme très lointaine mais présente. On s'allonge et on se prépare à voir. D'abord un sac gestationnel, oui on est enceinte puis on remarque que cette poche est vide. L'échographe n'a pas besoin de le dire, on ne voit rien.

Première hésitation et palpitation, la grossesse est trop jeune pour que l'embryon soit visible, erreur de calcul. Je ne le crois pas, je sais calculer alors je commence à me préparer à ce que je pressens depuis le début.

Trois semaines plus tard, nouvelle échographie où la secrétaire me demande si je suis bien enceinte, oui jusqu'à preuve du contraire. Pas de douleur, pas de saignement, mon ventre et mon corps changent mais pas de nausée ni de vomissement. Dans la salle d'attente, je me suis documentée sur l'oeuf clair par intuition où comment notre métabolisme est trompé par quelque chose qui n'existe plus, l'embryon.

L'échographe me reçoit, l'écran s'allume et j'ai mal dans moi car je sais. Blackout. Ecran noir. Pas de bébé. Fausse couche.

Deux mois de non grossesse à attendre que mon corps réagisse pour laisser partir ce petit oeuf vide. La solitude de cet évènement dans la douleur de l'expulsion avec des contractions difficiles et le sang pendant une semaine.

Passée de femme enceinte à rien et pardonner à son corps, se lester de la culpabilité et de la honte. Travail de deuil et angoisse sur le futur à négocier.

Puis arriver à se dire que la nature à ses raisons et que l'on évite peut-être une situation plus compliquée et douloureuse encore.Repartir dans le désir du couple et voir les enfants qui eux sont bien là et se dire qu'on ne veut pas s'arrêter là. Attendre de nouveau la petite étincelle au creux du ventre.

De la maternité à la parentalité

Le 4 septembre 2016, 16:08 dans Famille 0

Il existe un chemin complexe et parfois difficile, à mon sens, entre ces deux petits mots car ils renvoient à des états différents et parfois à une temporalité particulière.

Du désir de la maternité (et ou non de la grossesse) dans un souhait relativement narcissique à la figure parentale en lien avec l'enfant (dans le meilleur des cas bien sûr), il se passe des étapes et finalement un apprentissage de la vie sur soi-même. Ce n'est ni forcément évident, ni facile car cela nécessite beaucoup d'efforts, selon moi. Apprendre à se séparer, à éduquer (dans le sens noble du terme), à socialiser l'enfant qu'on a porté au creux de soi (ou non, autre discussion bien intéressante d'ailleurs) reste une tâche d'équilibriste. Considérer peu à peu l'enfant dans sa personnalité propre avec ses qualités et ses défauts, accepter cela et l'accompagner sur le chemin du grandir avec tous nos souhaits, fantasmes et angoisses, c'est vertigineux et pourtant... et pourtant, c'est pour moi, un défi, une mission belle et complète d'élever un petit d'homme voire plusieurs...

Le temps est un allié mais il faut également être sensible aux grands changements que vit notre enfant : sommeil, propreté, langage, école... pour entendre et s'adapter au plus juste ou être capable de revenir sur nos propores attentes et projections pour ne pas cristalliser sur l'enfant ce qui ne le concerne pas.

Dans cette aventure, il y a des joies et des peines, dès la grossesse, dès la maternité et durant toute la vie. Etre parent, quelle découverte ! L'enfant comme notre trésor précieux nous ouvre une partie de nous-même inconnue, de nos ressources mais aussi de nos limites personnelles qui peuvent néanmoins se retravailler si nous restons ouverts, à l'écoute.

Dans ce tourbillon, on peut être dépassé, comblé, angoissé, épanoui... l'enfant nous emmène partout et nous attend dans nos réponses et nos réactions tel un petit sphinx. Finalement, nous grandissons aussi avec lui.

My girl... talking about my girl

Le 2 août 2013, 13:26 dans Famille 0

Tu t'es nichée dans mon ventre avec la rapidité de l'éclair me faisant sentir pleinement femme, fertile et accueillante.

Tu t'es montrée coquine aux échographies : à 4 pattes, suçant ton petit pouce, te cachant derrière tes 2 mains... et je savais dès le début que tu étais une petite fille.

Tu étais basse, déjà proche de la sortie comme pressée de venir nous rencontrer ; j'ai eu mal pendant toute la grossesse, j'ai du me faire masser pour me soulager un tant soit peu.

Tu étais zen mais tonique quand il s'agissait de te manifester, j'ai pris de sacré coups de pieds te demandant alors de te calmer.

Tu reconnaissais les voix de ton papa chéri et de ton grand frère.

Tu voulais naître dès le début de mon congé mais je t'ai demandé d'attendre un peu que je me repose, tu m'as accordé une semaine supplémentaire.

Tu m'as fait vivre un accouchement comme on traverse une tornade : un début de travail long et gérable pendant 6 heures puis (la faute à la sage-femme de la mater qui ne m'a pas écouté et m'a renvoyé à la maison), une descente digne de Space Mountain (dilatation de 1 et demi à 7 en 2 heures sur le canapé de la maison) avec une péri trop tardive et donc sans réel effet... 

Tu m'a fait hurler et trembler de douleur puis tu es descendue d'un coup, calmement. Je me suis mise de côté comme pour ton frère et j'ai poussée sereinement avec mon prince assez charmant qui m'encourageait car j'étais à bout. Je t'ai attrapé et serré contre moi comme une louve.

Tu as tétée royalement et longuement, c'était normal.

Tu as souri et tu t'es endormie.

Tu es ma princesse généreuse et impérieuse, tu es my sweet little girl.

 

 

 

 

 

 

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