Créer mon blog M'identifier

Comme le lait sur le feu...

Le 13 octobre 2016, 12:52 dans Famille 0

Une grossesse gémellaire embarque vers un territoire inconnu y compris pour une multi (mon cas) car les repères sont chamboulés par rappport aux grossesses de "singleton" mais cela on le découvre progressivement et parfois de manière quelque peu brutale...

La joie de la découverte, dans notre cas, et d'une certaine incrédulité tout de même (il faut passer la phase de sidération et d'intégration "nous allons avoir 2 bébés, nous allons avoir 2 bébés ; nous allons avoir 4 enfants OMG !!!!!!) est vite entachée par le discours médical et le fameux parapluie que les médecins peuvent déployer dans les situations dites "à risque".

Ainsi après quelques blagues avec l'échographe du style "vous auriez pu en avoir 3 madame !", le couperet tombe vite et plombe rapidement l'atmosphère " c'est une gémellaire monochoriale biamniotique" ouch ouch (un même placenta pour les deux foetus mais deux sacs différenciés par une fine membrane), "il y a un risque important de STT et de MAP" c'est-à-dire..... Le fameux transfuseur-transfusé (un jumeau prend tout et l'autre dépérit mais le risque de mortalité est équivalent pour les deux) et la prématurité dans ces confins les plus terribles (les prématurissimes).

Il faut entendre après la bonne nouvelle que nous pouvons les perdre tout au long de la grossesse et que les "monos" cela peut basculer du jour au lendemain dans l'horreur. Au revoir Madame et Monsieur, on se voit dans un mois ! Voilà comment nous avons débuté et que cela continue...

Je me blinde comme je peux en essayant de trouver un équilibre - bien précaire - entre mon bonheur et mon angoisse, entre laisser exister mes bébés et me préparer au pire. Puis, une nouvelle donne arrive, les transformations du corps dans cette grossesse si particulière : je suis très vite limitée dans mon activité par la fatigue mais également par la douleur (du dos, de l'estomac...). Je ne maîtise plus mon corps du tout et suis embarquée par ce ventre qui grossit d'une manière extraordinaire, cela me surprend tellement que je prends des photos de mon évolution-transformation (chose que je n'ai pas faite pour mes précédentes maternités) comme preuve de ce que je vis et pour voir que c'est toujours bien moi là !

Le choc du regard des autres et des proches est amusant mais renvoie à l'inattendu de la suite "comment je serais à 8 mois, mon Dieu ?!!". Alors je compte, chaque semaine, je suis sur les chiffres concernant le poids de mes bébés car cela devient obsessionnel pour les médecins (biométrie et percentils, estimation du poids foetal, risque de RCIU, les courbes de normes...); je dois rester calme pour ne pas paniquer quand une échographie n'est pas au top ou que suite à l'analyse des marqueurs sériques (déconseillée pour les gémellaires) je me retrouve dans la zone à risque et que du coup je suis "apte" pour une double amniocentèse (déconseillée aussi par rapport au risque doublé de fausse couche).

Finalement, chaque "épreuve" psychologique est passée : le test du DPNI (dépistage sanguin non invasif pour les maladies génétiques) est parfait, les échos déterminent une bonne croissance et deux petites filles pleine de vitalité...

A 1 mois et demi de mon terme médical car oui les "monos" ne vont pas jusqu'au terme et sont déclenchées à 38 SA, je suis davantage sereine ou du moins je m'y oblige pour mes filles qui ont besoin d'une maman tranquille et le plus épanouie possible. J'ai accepté d'être un ventre ambulant car je ne peux plus faire grand chose sans me sentir mal, j'ai accepté de laisser mon corps dirigé cette affaire exceptionnelle, je lui fait confiance pour faire grandir mes bébés.

J'ai mis du miel dans mon lait pour le rendre le plus doux possible et protéger ce qui m'est maintenant acquis comme un cadeau précieux et hors norme.

 

Kiss cool

Le 29 septembre 2016, 11:32 dans Famille 0

Les évènements de vie semblent nous donner expériences et connaissances, on a vécu, on connaît ! La grossesse, j'ai vécu (2 fois), la fausse couche aussi, je n'ai plus rien à découvrir alors... J'ai accumulé des savoirs sur la conception, la fécondation, les dpo et les dpa et je me retrouve finalement un peu privée de la magie et de l'innocence de l'ignorance (bienheureuse ?) du début.

J'ai certainement une tendance intrasèque à vouloir comprendre les choses, d'ailleurs cela reste étroitement liée à mon identité professionnelle voire personnelle car l'empathie du psy ne s'apprend pas dans les manuels ou à la fac mais fait bien partie de nous. Pour le meilleur et le pire. Donc, je compulse jusqu'à la dernière miette d'information, de recherche et d'étude quand je suis en quête (ou plutôt j'enquête) sur une question que je ne maîtrise pas ou peu. Je dois savoir et anticiper.

La nature est douce pour moi et mon prince presque charmant, trois mois après mon oeuf clair, les symptômes tant attendus reviennent. Seulement, forte de mon expérience, je suis inquiète et angoissée, hantée par les dernières échographies et l'écran noir. Et si cela recommançait, je ne sais pas comment je le vivrais, est-ce que je m'effondrerais ? Au bout de mon idée, je pense échec et au pire infertilité/préménopause.... Ne pas avoir ce dernier bébé et ne pas combler ce désir si viscéral, irrationnel et intense. Je tombe. Prise par mon tourment, j'avance à pas de loup dans ce début de grossesse et envisage le pire, la fausse couche de nouveau.

Pourtant, il se passe quelque chose de bien tangible là, le corps est malade et pas qu'un peu. Perte d'appétit au bout de 3 semaines, début de nausées effroyables. Je ne peux plus boire. Je commence à maigrir mais mon corps se transforme de manière fulgurante, la poitrine et le ventre changent rapidement, trop rapidement...

Rencontre avec le gynécologue à la quatrième semaine, je sais alors qu'une première échographie est possible. L'angoisse me paralyse, me crispe. Je me retiens de pleurer. Est-ce que bébé est là ? Le médecin repère parfaitement mon état et m'allonge pour me rassurer de suite. Il est là mon tout petit. Et son coeur bat. Délivrance et joie qui éclate dans mon coeur.

Je suis enceinte de mon petit 3, celui qui va finaliser notre si jolie petite famille et me remplir du bonheur d'être encore maman.

Les semaines avancent, je reste sur le qui-vive, j'attends maintenant dans une impatience terrible le prochain rendez-vous et la confirmation (encore) de l'évolutivité de ce petit être. A 8 semaines de grossesse, tout va bien, il grandit comme il faut. Soulagement et reprise d'oxygène.

Vient le temps de la VRAIE première échographie des 3 mois et la rencontre avec un bébé, minuscule, mais un bébé. L'attente est infernale car l'échographe à plus d'une heure de retard. Mon ventre ne peut plus se cacher depuis 15 jours et j'esquive au travail derrière mes vêtements amples les regards appuyés de mes collègues. Je vomis atrocement jusqu'au traitement qui arrive à me soulager depuis 1 semaine, je suis l'ombre de moi-même physiquement. Et pourtant, mon corps me montre une grossesse épanouie.

Je m'installe enfin avec mon prince presque charmant (enfin plutôt énervé de l'attente), nous ne tenons plus. L'écran s'allume et de suite nous comprenons que la vie à beaucoup d'humour et que les connaissances de chacun peuvent ne servir à rien. Anticiper, maîtriser, contrôler... la bonne blague ! La vie peut nous faire des surprises qui nous ramènent à un état d'humilité et de découverte.

2, il y 2 bébés...

 

 

Blackout - la fausse couche

Le 5 septembre 2016, 11:59 dans Famille 0

Au départ, il y a une envie du couple, un désir déjà comblé par deux fois et le bonheur de se relancer dans l'aventure de la grossesse. L'intimité de vouloir un nouvel enfant, un bébé à chérir de nouveau car c'est si beau et si bon qu'on ne veut pas s'arrêter là.

Début des cycles et attente, entre impatience, excitation mais aussi déception quand cela n'arrive pas... Puis des symptômes, timides, apparaissent et laissent à penser que la magie a opéré. Vient le test qui confirme cette douce sensation et qui transporte dans une autre dimension, un état presque second.

Prise de sang, et rendez-vous avec le médecin pour programmer la toute première échographie, celle de la datation avec un minuscule coeur qui bat et qui scintille dans la nuit. Le temps s'étire pour cette première rencontre mais le corps change rapidement, la poitrine s'épanouie et le ventre s'arrondit, il faut s'adapter et commencer à s'habiller "enceinte". Mais chose nouvelle, les nausées et vomissements présents pour les deux premiers ne sont pas au rendez-vous. Rien.

Le jour est arrivé pour rencontrer tout petit nous mais il y a quand même dans un coin de la tête, une sensation désagréable, une alarme très lointaine mais présente. On s'allonge et on se prépare à voir. D'abord un sac gestationnel, oui on est enceinte puis on remarque que cette poche est vide. L'échographe n'a pas besoin de le dire, on ne voit rien.

Première hésitation et palpitation, la grossesse est trop jeune pour que l'embryon soit visible, erreur de calcul. Je ne le crois pas, je sais calculer alors je commence à me préparer à ce que je pressens depuis le début.

Trois semaines plus tard, nouvelle échographie où la secrétaire me demande si je suis bien enceinte, oui jusqu'à preuve du contraire. Pas de douleur, pas de saignement, mon ventre et mon corps changent mais pas de nausée ni de vomissement. Dans la salle d'attente, je me suis documentée sur l'oeuf clair par intuition où comment notre métabolisme est trompé par quelque chose qui n'existe plus, l'embryon.

L'échographe me reçoit, l'écran s'allume et j'ai mal dans moi car je sais. Blackout. Ecran noir. Pas de bébé. Fausse couche.

Deux mois de non grossesse à attendre que mon corps réagisse pour laisser partir ce petit oeuf vide. La solitude de cet évènement dans la douleur de l'expulsion avec des contractions difficiles et le sang pendant une semaine.

Passée de femme enceinte à rien et pardonner à son corps, se lester de la culpabilité et de la honte. Travail de deuil et angoisse sur le futur à négocier.

Puis arriver à se dire que la nature à ses raisons et que l'on évite peut-être une situation plus compliquée et douloureuse encore.Repartir dans le désir du couple et voir les enfants qui eux sont bien là et se dire qu'on ne veut pas s'arrêter là. Attendre de nouveau la petite étincelle au creux du ventre.

Voir la suite ≫