Au départ, il y a une envie du couple, un désir déjà comblé par deux fois et le bonheur de se relancer dans l'aventure de la grossesse. L'intimité de vouloir un nouvel enfant, un bébé à chérir de nouveau car c'est si beau et si bon qu'on ne veut pas s'arrêter là.

Début des cycles et attente, entre impatience, excitation mais aussi déception quand cela n'arrive pas... Puis des symptômes, timides, apparaissent et laissent à penser que la magie a opéré. Vient le test qui confirme cette douce sensation et qui transporte dans une autre dimension, un état presque second.

Prise de sang, et rendez-vous avec le médecin pour programmer la toute première échographie, celle de la datation avec un minuscule coeur qui bat et qui scintille dans la nuit. Le temps s'étire pour cette première rencontre mais le corps change rapidement, la poitrine s'épanouie et le ventre s'arrondit, il faut s'adapter et commencer à s'habiller "enceinte". Mais chose nouvelle, les nausées et vomissements présents pour les deux premiers ne sont pas au rendez-vous. Rien.

Le jour est arrivé pour rencontrer tout petit nous mais il y a quand même dans un coin de la tête, une sensation désagréable, une alarme très lointaine mais présente. On s'allonge et on se prépare à voir. D'abord un sac gestationnel, oui on est enceinte puis on remarque que cette poche est vide. L'échographe n'a pas besoin de le dire, on ne voit rien.

Première hésitation et palpitation, la grossesse est trop jeune pour que l'embryon soit visible, erreur de calcul. Je ne le crois pas, je sais calculer alors je commence à me préparer à ce que je pressens depuis le début.

Trois semaines plus tard, nouvelle échographie où la secrétaire me demande si je suis bien enceinte, oui jusqu'à preuve du contraire. Pas de douleur, pas de saignement, mon ventre et mon corps changent mais pas de nausée ni de vomissement. Dans la salle d'attente, je me suis documentée sur l'oeuf clair par intuition où comment notre métabolisme est trompé par quelque chose qui n'existe plus, l'embryon.

L'échographe me reçoit, l'écran s'allume et j'ai mal dans moi car je sais. Blackout. Ecran noir. Pas de bébé. Fausse couche.

Deux mois de non grossesse à attendre que mon corps réagisse pour laisser partir ce petit oeuf vide. La solitude de cet évènement dans la douleur de l'expulsion avec des contractions difficiles et le sang pendant une semaine.

Passée de femme enceinte à rien et pardonner à son corps, se lester de la culpabilité et de la honte. Travail de deuil et angoisse sur le futur à négocier.

Puis arriver à se dire que la nature à ses raisons et que l'on évite peut-être une situation plus compliquée et douloureuse encore.Repartir dans le désir du couple et voir les enfants qui eux sont bien là et se dire qu'on ne veut pas s'arrêter là. Attendre de nouveau la petite étincelle au creux du ventre.