Il existe un chemin complexe et parfois difficile, à mon sens, entre ces deux petits mots car ils renvoient à des états différents et parfois à une temporalité particulière.

Du désir de la maternité (et ou non de la grossesse) dans un souhait relativement narcissique à la figure parentale en lien avec l'enfant (dans le meilleur des cas bien sûr), il se passe des étapes et finalement un apprentissage de la vie sur soi-même. Ce n'est ni forcément évident, ni facile car cela nécessite beaucoup d'efforts, selon moi. Apprendre à se séparer, à éduquer (dans le sens noble du terme), à socialiser l'enfant qu'on a porté au creux de soi (ou non, autre discussion bien intéressante d'ailleurs) reste une tâche d'équilibriste. Considérer peu à peu l'enfant dans sa personnalité propre avec ses qualités et ses défauts, accepter cela et l'accompagner sur le chemin du grandir avec tous nos souhaits, fantasmes et angoisses, c'est vertigineux et pourtant... et pourtant, c'est pour moi, un défi, une mission belle et complète d'élever un petit d'homme voire plusieurs...

Le temps est un allié mais il faut également être sensible aux grands changements que vit notre enfant : sommeil, propreté, langage, école... pour entendre et s'adapter au plus juste ou être capable de revenir sur nos propores attentes et projections pour ne pas cristalliser sur l'enfant ce qui ne le concerne pas.

Dans cette aventure, il y a des joies et des peines, dès la grossesse, dès la maternité et durant toute la vie. Etre parent, quelle découverte ! L'enfant comme notre trésor précieux nous ouvre une partie de nous-même inconnue, de nos ressources mais aussi de nos limites personnelles qui peuvent néanmoins se retravailler si nous restons ouverts, à l'écoute.

Dans ce tourbillon, on peut être dépassé, comblé, angoissé, épanoui... l'enfant nous emmène partout et nous attend dans nos réponses et nos réactions tel un petit sphinx. Finalement, nous grandissons aussi avec lui.