Les évènements de vie semblent nous donner expériences et connaissances, on a vécu, on connaît ! La grossesse, j'ai vécu (2 fois), la fausse couche aussi, je n'ai plus rien à découvrir alors... J'ai accumulé des savoirs sur la conception, la fécondation, les dpo et les dpa et je me retrouve finalement un peu privée de la magie et de l'innocence de l'ignorance (bienheureuse ?) du début.

J'ai certainement une tendance intrasèque à vouloir comprendre les choses, d'ailleurs cela reste étroitement liée à mon identité professionnelle voire personnelle car l'empathie du psy ne s'apprend pas dans les manuels ou à la fac mais fait bien partie de nous. Pour le meilleur et le pire. Donc, je compulse jusqu'à la dernière miette d'information, de recherche et d'étude quand je suis en quête (ou plutôt j'enquête) sur une question que je ne maîtrise pas ou peu. Je dois savoir et anticiper.

La nature est douce pour moi et mon prince presque charmant, trois mois après mon oeuf clair, les symptômes tant attendus reviennent. Seulement, forte de mon expérience, je suis inquiète et angoissée, hantée par les dernières échographies et l'écran noir. Et si cela recommançait, je ne sais pas comment je le vivrais, est-ce que je m'effondrerais ? Au bout de mon idée, je pense échec et au pire infertilité/préménopause.... Ne pas avoir ce dernier bébé et ne pas combler ce désir si viscéral, irrationnel et intense. Je tombe. Prise par mon tourment, j'avance à pas de loup dans ce début de grossesse et envisage le pire, la fausse couche de nouveau.

Pourtant, il se passe quelque chose de bien tangible là, le corps est malade et pas qu'un peu. Perte d'appétit au bout de 3 semaines, début de nausées effroyables. Je ne peux plus boire. Je commence à maigrir mais mon corps se transforme de manière fulgurante, la poitrine et le ventre changent rapidement, trop rapidement...

Rencontre avec le gynécologue à la quatrième semaine, je sais alors qu'une première échographie est possible. L'angoisse me paralyse, me crispe. Je me retiens de pleurer. Est-ce que bébé est là ? Le médecin repère parfaitement mon état et m'allonge pour me rassurer de suite. Il est là mon tout petit. Et son coeur bat. Délivrance et joie qui éclate dans mon coeur.

Je suis enceinte de mon petit 3, celui qui va finaliser notre si jolie petite famille et me remplir du bonheur d'être encore maman.

Les semaines avancent, je reste sur le qui-vive, j'attends maintenant dans une impatience terrible le prochain rendez-vous et la confirmation (encore) de l'évolutivité de ce petit être. A 8 semaines de grossesse, tout va bien, il grandit comme il faut. Soulagement et reprise d'oxygène.

Vient le temps de la VRAIE première échographie des 3 mois et la rencontre avec un bébé, minuscule, mais un bébé. L'attente est infernale car l'échographe à plus d'une heure de retard. Mon ventre ne peut plus se cacher depuis 15 jours et j'esquive au travail derrière mes vêtements amples les regards appuyés de mes collègues. Je vomis atrocement jusqu'au traitement qui arrive à me soulager depuis 1 semaine, je suis l'ombre de moi-même physiquement. Et pourtant, mon corps me montre une grossesse épanouie.

Je m'installe enfin avec mon prince presque charmant (enfin plutôt énervé de l'attente), nous ne tenons plus. L'écran s'allume et de suite nous comprenons que la vie à beaucoup d'humour et que les connaissances de chacun peuvent ne servir à rien. Anticiper, maîtriser, contrôler... la bonne blague ! La vie peut nous faire des surprises qui nous ramènent à un état d'humilité et de découverte.

2, il y 2 bébés...